Coupures d’Internet en Algérie

Début juin, suite à des fuites lors du passage du baccalauréat, les autorités algériennes ont temporairement suspendu l’accès au réseau mobile Internet et le ministère de l’éducation a contraint les candidats à repasser certaines épreuves. Lors du second passage, le ministère des technologies de l’information et de la communication a bloqué l’accès aux réseaux sociaux. Bloquer les réseaux sociaux et couper l’accès à Internet pour empêcher la fraude lors des examens est monnaie courante dans la région. En mai, le gouvernement irakien avait ordonné des coupures quotidiennes d’Internet de 5h à 8h du matin pour empêcher la fraude aux examens de fin d’année. Pour en savoir plus sur les coupures d’Internet et ce que vous pouvez faire pour y remédier, vous pouvez consulter le projet d’Access Now « Keep It On« .

Accès et interférences

  • Bahrain Watch a confirmé le blocage de l’application Telegram dans le pays en montrant que trois des cinq fournisseurs d’accès à Internet bloquaient l’application.
  • Les autorités des Emirats arabes unis ont bloqué le site web de Middle East Eye qui a beaucoup parlé du rôle politique et militaire du pays dans la région et des violations des droits.

Vie privée, surveillance et protection des données

  • Les autorités du Qatar comptent adopter une nouvelle loi relative à la protection des données qui condamnerait les organisations qui n’ont pas empêché les fuites de données à une amende de 5 millions de riyal.
  • Selon Bahrain Watch, il serait “probable” que l’entreprise américaine Pelco et l’australienne iOmniscient aient fourni un logiciel de reconnaissance faciale au ministère de l’intérieur qui pourrait l’utiliser pour identifier des manifestants.

Cyber-guerre et attaques des Etats

  • Twitter a suspendu près de 1800 comptes qui ont utilisé le hastag #Bahrain pour publier des tweets religieux.
  • Le Bahreïn est accusé de lancer une cyber-guerre contre le village de Diraz, où de nombreuses manifestations ont eu lieu récemment.

Procès, condamnations et harcèlement judiciaire

  • Le 14 juin, la Cour de sécurité de l’Etat a ordonné l’arrestation du prédicateur islamique Amjad Qawarsha pour avoir critiqué la participation de son pays dans la coalition internationale contre l’EI.
  • Les autorités du Bahreïn ont de nouveau arrê le militant pour les droits de l’homme Nabeel Rajab pour des accusations relatives à la liberté d’expression en ligne. Après avoir passé deux semaines en isolement cellulaire, Rajab a été transféré à l’hôpital pour des problèmes cardiaques.
  • Une cour algérienne a condamné le militant pour les droits du travail Belkacem Khencha pour avoir publié une vidéo sur Facebook critiquant une peine de prison à l’encontre de l’un de ses collègues qui manifestait contre les politiques du logement.
  • Le 20 juin, une cour d’Abu Dhabi a reporté le procès de Nasser Bin Ghaith, militant émirati des droits de l’homme, au 26 septembre. Bin Ghaith, en prison depuis avril 2015, est poursuivi pour avoir critiqué les autorités égyptiennes sur Twitter et pour d’autres tweets jugés “dangereux” à l’encontre de l’Etat émirati et de ses institutions.
  • Une cour d’appel du sultanat d’Oman a confirmé une peine de prison de 3 ans pour le militant Hassan Al-Basham pour des publications sur Facebook “portant atteinte aux valeurs religieuses”.

Intimidation et violence extra-judiciaires

  • Ahmed Abdel Qader, fondateur du média collectif indépendant Eye on the homeland, a survécu à une seconde tentative d’assassinat, revendiquée par l’EI.
  • Au Koweït, le défenseur des droits de l’homme Abdulhakim Al-Fadhli a été frappé par la police lors de son transfert de la cour vers la prison. Al-Fadhli purge une peine de prison de trois mois pour “utilisation abusive” de son télephone.

 

Interdiction de voyage et exil forcé

 

  • La militante des droits de l’homme Zainab Al-Khawaja a été contrainte à l’exil après que les autorités du Bahreïn l’ont menacée d’emprisonnement si elle ne quittait pas le pays.

Plaidoyer, politiques et droit

  • Human Rights Watch a appelé les autorités égyptiennes à abandonner leur enquête sur un groupe satirique qui publie des vidéos sur YouTube se moquant du président Abdel Fattah Al-Sissi. HRW demande également de relâcher quatre des membres du groupe détenus depuis mai.
  • Onze organisations non-gouvernementales exhortent les autorités égyptiennes à arrêter leurs attaques à l’encontre de la société civile.

Reconnaissance et solidarité

  • Lors du quatrième anniversaire de son arrestation, des soutiens du monde entier du blogueur saoudien Raif Badawi lui ont exprimé leur solidarité.

Une note positive

  • Dans le cadre du concours pour le prix du média numérique au Moyen-Orient, le Centre palestinien pour le développement et les libertés des médias (MADA) a gagné la médaille d’or pour une campagne qu’ils ont lancé l’année dernière.

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Digital Citizen vous est présenté par Advox, Access, APC, EFF, Social Media Exchange et 7iber.com. L’édition de ce mois a été documentée, écrite et traduite par Afef Abrougui, Jessica Dheere, Coraline Rasset, Elsa Saade, Kayssar Yaacoub, Jillian C. York et Adam Zibak.